« Un bruit de raclement » : les propriétaires de toutes ces voitures doivent surveiller ce problème (et ce n’est pas Stellantis)

« Un bruit de raclement » : les propriétaires de toutes ces voitures doivent surveiller ce problème (et ce n’est pas Stellantis)

Le bruit de raclement au démarrage sur les moteurs TCe de Renault et Dacia n'est pas anodin. Treize modèles produits entre 2012 et 2018 sont concernés par un problème d'usure prématurée de la chaîne de distribution, avec à la clé des réparations qui dépassent fréquemment 1 000 €, voire un remplacement complet du moteur.

Quand un moteur grince, racle ou vibre au démarrage à froid, le réflexe naturel est de se dire que ça va passer. Mauvaise idée. Sur les motorisations 0.9 TCe, 1.0 TCe et 1.2 TCe montées sur une large partie de la gamme Renault et Dacia des années 2010, ce bruit caractéristique signale un dysfonctionnement documenté, confirmé par des notes techniques internes et relayé sur de nombreux forums spécialisés.

Et ce n'est pas Stellantis, cette fois. Le problème vient de l'alliance franco-roumaine, et il touche bien plus de véhicules qu'on ne le croit au premier regard.

Les moteurs TCe de Renault et Dacia au cœur du problème

La famille de moteurs TCe (Turbo Contrôle Essence) a été largement déployée sur les véhicules compacts et citadins du groupe Renault à partir de 2012. Ces blocs, réputés pour leur sobriété et leur agrément de conduite en ville, souffrent d'un défaut structurel : l'allongement prématuré de la chaîne de distribution.

Un tendeur de chaîne défaillant

Le mécanisme en cause est précis. Le tendeur de chaîne, qu'il soit hydraulique ou manuel selon les versions, ne parvient pas à maintenir une tension suffisante sur la chaîne. Résultat : la chaîne frotte excessivement sur ses guides, s'allonge bien avant l'heure, et produit ce bruit de raclement caractéristique, surtout perceptible à froid et à bas régime. Plus le moteur est sollicité sans que le problème soit traité, plus la limaille métallique générée par ce frottement anormal se répand dans le circuit de lubrification et contamine l'huile moteur.

Une usure détectable dès les premières révisions

La limaille métallique n'est pas invisible : elle se détecte lors des vidanges et révisions, sous forme de dépôts dans le carter ou dans le filtre à huile. Certains propriétaires signalent aussi une consommation d'huile en hausse, des vibrations sous le capot, ou une sensation de dureté inhabituelle dans la direction. Des alertes électroniques peuvent apparaître sur le tableau de bord. Autant de signaux qui, combinés, pointent vers le même diagnostic.

⚠️

Attention
Si la chaîne de distribution saute ou se rompt, la casse moteur est immédiate. Les dommages peuvent s’étendre à d’autres pièces essentielles et conduire au remplacement complet du bloc moteur.

Les 13 modèles concernés, de la Clio 4 au Duster

L'étendue du problème est rarement mesurée à sa juste ampleur. Ce sont 13 modèles répartis sur deux marques qui sont touchés, tous produits dans la fenêtre 2012-2018.

Les modèles Dacia affectés

Du côté de Dacia, six modèles sont concernés :

  • Sandero 2 et Logan : motorisations 0.9 TCe et 1.0 SCe, produits du 27/02/2014 au 12/04/2018
  • Dokker : 1.2 TCe, du 05/07/2012 au 12/04/2018
  • Duster 1 : 1.2 TCe, du 22/03/2013 au 12/04/2018
  • Duster 2 : 1.0 TCe et 1.2 TCe, du 28/03/2017 au 12/04/2018
  • Lodgy : 1.0 TCe et 1.2 TCe, du 20/02/2012 au 12/04/2018

Les modèles Renault affectés

Renault aligne sept modèles dans la liste, couvrant des segments très différents :

  • Twingo 3 : 0.9 TCe et 1.0 SCe, du 01/09/2014 au 12/04/2018
  • Clio 4 : 0.9 TCe et 1.2 TCe, du 01/01/2012 au 12/04/2018
  • Captur 1 : 0.9 TCe et 1.2 TCe, du 02/07/2012 au 12/04/2018
  • Mégane 4 : 1.0 TCe et 1.2 TCe, du 22/05/2015 au 12/04/2018
  • Scénic 4 : 1.2 TCe, du 01/10/2015 au 01/12/2017
  • Kadjar : 1.2 TCe, du 10/07/2014 au 12/04/2018
  • Kangoo 2 : 1.2 TCe, du 16/07/2012 au 12/04/2018
13
modèles Renault et Dacia concernés par ce problème de chaîne de distribution TCe

Ces véhicules circulent encore massivement sur les routes françaises. Beaucoup ont été revendus plusieurs fois depuis leur production, ce qui signifie que de nombreux propriétaires actuels ignorent peut-être ce que contient leur carnet d'entretien, ou ce qu'il ne contient pas.

Ce que coûte l'inaction face au bruit de raclement

Ignorer le bruit de raclement, c'est prendre un risque financier très concret. La réparation complète du système de distribution (chaîne, tendeur, guides et accessoires) représente plusieurs heures de main-d'œuvre, et la facture dépasse fréquemment 1 000 €. Mais ce chiffre grimpe vite si les dommages se sont propagés. La limaille métallique dans le circuit de lubrification peut endommager le carter et d'autres composants essentiels, déclenchant des pannes en cascade difficiles à anticiper.

Dans les cas les plus graves, c'est le moteur entier qu'il faut remplacer. Une opération dont le coût peut largement dépasser la valeur résiduelle du véhicule, surtout sur des modèles d'occasion achetés à prix contenu. Comme le précise une règle simple dans ce type de situation : plus l'attente est longue, plus la facture finale augmente.

Pour les automobilistes concernés par des questions de conformité ou d'obligations liées à leur véhicule, il peut être utile de vérifier également les nouvelles obligations en matière de permis de conduire qui entreront bientôt en vigueur.

Ce qu'il faut vérifier avant d'acheter ou si vous possédez déjà l'un de ces modèles

La démarche à adopter est identique que vous soyez acheteur ou propriétaire actuel. Première étape : vérifier la date de fabrication exacte du véhicule et le type de motorisation (0.9 TCe, 1.0 TCe ou 1.2 TCe). Si le véhicule entre dans la fenêtre 2012-2018 avec l'une de ces motorisations, la vigilance s'impose.

Concrètement, il faut écouter le moteur à différents régimes, particulièrement à froid et au démarrage. Un bruit de raclement, même fugace, mérite une attention immédiate. Le carnet d'entretien doit mentionner un suivi de la distribution. Si aucune information n'y figure, c'est un signal d'alerte en soi.

💡

Bon à savoir
Certains propriétaires peuvent bénéficier d’une prise en charge via la garantie constructeur encore active ou via une extension de garantie souscrite à l’achat du véhicule. La question mérite d’être posée directement à un atelier ou au réseau de la marque.

L'intervention doit être confiée à un atelier maîtrisant les spécificités des moteurs concernés, notamment la distinction entre tendeurs hydrauliques et manuels. Et lorsque le remplacement s'impose, il doit être complet : chaîne + tendeur + guides + accessoires. Une réparation partielle sur un système aussi sollicité ne tient pas dans la durée.

Ceux qui envisagent l'achat d'un de ces modèles en occasion feraient bien de garder en tête que certaines infractions au code de la route peuvent aussi alourdir la facture globale de possession d'un véhicule. Choisir un modèle sain dès le départ reste la meilleure stratégie. Sur les TCe de Renault et Dacia, un contrôle de la distribution par un professionnel avant tout achat n'est pas un luxe : c'est une précaution élémentaire pour éviter une mauvaise surprise à quatre chiffres.

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