« On a reçu une amende de 135 euros » : ce couple, propriétaire d’un berger allemand, est visé par la plainte de leur voisin suite aux aboiements de leur chien

"On a reçu une amende de 135 euros" : ce couple, propriétaire d'un berger allemand, est visé par la plainte de leur voisin suite aux aboiements de leur chien

Un couple propriétaire d'un berger allemand à Bondeval a reçu une amende forfaitaire de 135 euros après le dépôt de plainte de leurs voisins pour aboiements répétés. L'infraction est qualifiée de trouble anormal de voisinage, une contravention de 3ᵉ classe qui peut grimper jusqu'à 450 euros en cas de majoration. Un constat de gendarmerie a été établi, engageant une procédure officielle aux conséquences potentiellement lourdes.

Les aboiements d'un chien peuvent sembler anodins. Mais quand ils s'installent dans la durée, de jour comme de nuit, ils deviennent une source de tension entre voisins capable de déboucher sur une procédure judiciaire. C'est exactement ce qu'a vécu ce couple de Bondeval, une commune rurale, dont le berger allemand a fini par valoir une amende et un constat de gendarmerie, selon des informations rapportées par l'Est Républicain.

L'affaire illustre un phénomène plus large : les litiges de voisinage liés aux nuisances sonores animales sont en hausse, et beaucoup de propriétaires ignorent l'étendue réelle de leur responsabilité légale.

Le trouble anormal de voisinage, une infraction sérieuse

Ce que dit la loi sur les aboiements de chien

L'infraction retenue ici est le trouble anormal de voisinage, classée en contravention de 3ᵉ classe. Le couple a reçu une amende forfaitaire de 135 euros, mais ce montant peut être majoré jusqu'à 450 euros si elle n'est pas réglée dans les délais. Ce qui surprend souvent les propriétaires d'animaux, c'est que la mesure en décibels n'est pas obligatoire pour établir l'infraction. Les forces de l'ordre s'appuient sur des critères qualitatifs : le bruit doit être durable, répétitif ou d'une intensité trop élevée. Un simple constat de gendarmerie suffit.

Et ce constat, une fois établi, ne reste pas sans conséquences. Il peut être utilisé devant une juridiction civile pour obtenir des dommages et intérêts. Dans les cas les plus extrêmes, un tribunal peut même ordonner la confiscation de l'animal. Une perspective que peu de propriétaires envisagent lorsqu'ils laissent leur chien aboyer dans le jardin.

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Attention
Une amende forfaitaire non payée dans les délais passe automatiquement de 135 € à 450 €. Le procès-verbal établi par la gendarmerie est également utilisable devant un tribunal civil pour réclamer des dommages et intérêts.

Le rôle du constat dans la procédure

La gendarmerie peut intervenir sur signalement et dresser un procès-verbal sans avoir à mesurer le niveau sonore avec un sonomètre. La répétition des nuisances, attestée par le plaignant et confirmée par les agents, suffit à caractériser l'infraction. Ce document devient alors une pièce maîtresse dans un éventuel contentieux. Le voisin lésé peut s'en servir pour saisir un tribunal et réclamer une indemnisation, en parallèle de la procédure pénale.

La situation à Bondeval, un cas révélateur des conflits de voisinage ruraux

Ce litige se déroule dans une commune rurale, ce qui n'est pas anodin. On pourrait croire que la campagne offre plus d'espace et donc moins de friction entre voisins. Mais la proximité des maisons avec jardin, les enclos, les clôtures mitoyennes créent des situations où les aboiements portent facilement d'une propriété à l'autre. Le berger allemand, race puissante et naturellement vigilante, est particulièrement enclin à réagir aux stimuli extérieurs, qu'il s'agisse de passants, d'autres animaux ou simplement de bruits du quotidien.

Le couple concerné se retrouve dans une position délicate : leur animal, placé dans un enclos proche de la clôture des voisins, a généré des nuisances sonores suffisamment importantes pour justifier un dépôt de plainte et l'intervention de la gendarmerie. Au-delà de l'amende, c'est la cohésion sociale du village qui se fragilise, les relations de voisinage étant souvent irréparables après une procédure judiciaire.

135 €
d’amende forfaitaire pour trouble anormal de voisinage, majorable à 450 €

Le berger allemand est par ailleurs une race très prisée des voleurs. Un animal laissé sans surveillance dans un enclos accessible, ou dont le comportement n'est pas encadré, peut aussi exposer son propriétaire à d'autres risques. C'est une donnée que les propriétaires de cette race ont intérêt à garder à l'esprit, au même titre que les races réputées pour leur intelligence et leur réactivité élevée.

Des solutions concrètes pour éviter d'en arriver là

Agir sur le comportement du chien

La première piste est comportementale. Faire appel à un éducateur canin comportementaliste permet d'identifier les déclencheurs des aboiements et de mettre en place un travail de fond. Le dressage positif, les jeux d'occupation et la limitation de l'accès aux zones proches de la clôture sont des mesures efficaces qui réduisent significativement les nuisances. Les colliers anti-aboiements constituent une solution complémentaire, bien que leur usage reste controversé selon les spécialistes. Modifier les horaires de sortie du chien peut aussi suffire dans certains cas, notamment pour éviter les plages horaires nocturnes où les bruits portent davantage.

Agir sur l'environnement et le cadre légal

L'isolation de l'enclos est une autre piste sérieuse : l'installation de brise-vue ou de haies denses réduit les stimuli visuels qui poussent le chien à aboyer. Moins il voit ce qui se passe de l'autre côté de la clôture, moins il réagit. Ces aménagements du jardin peuvent transformer radicalement la situation, et ce type d'investissement dans l'habitat est souvent bien moins coûteux qu'une procédure judiciaire. Pour les propriétaires qui souhaitent d'ailleurs améliorer leur cadre de vie tout en évitant des travaux lourds, certaines innovations récentes dans l'équipement de la maison montrent qu'il est possible d'adapter son logement sans tout chambouler.

Sur le plan juridique, avant d'en arriver au dépôt de plainte, le recours à un médiateur ou à un conciliateur de justice est une démarche entièrement gratuite qui permet souvent de trouver un accord amiable. Cette voie est sous-utilisée, alors qu'elle évite l'escalade judiciaire et préserve les relations de voisinage. Si le conflit est déjà engagé, un constat d'huissier peut également être demandé par l'une ou l'autre des parties pour consolider un dossier.

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Bon à savoir
Le recours à un conciliateur de justice est gratuit et peut suffire à résoudre un litige de voisinage lié aux aboiements sans passer par le tribunal. Cette démarche est accessible directement auprès du tribunal judiciaire le plus proche.

L'affaire de Bondeval rappelle que posséder un animal de compagnie implique des responsabilités légales réelles. Un chien qui aboie n'est pas une fatalité : c'est un signal que quelque chose, dans son environnement ou dans sa gestion quotidienne, mérite d'être corrigé. Attendre que le voisin dépose plainte pour agir, c'est souvent attendre trop longtemps. Les litiges de voisinage autour du bruit animal rejoignent d'autres formes de contentieux immobiliers et résidentiels, comme en témoignent des affaires récentes où la justice a tranché des situations d'occupation illégale en quelques jours seulement. Le droit du voisinage, qu'il s'agisse de bruit, d'animaux ou d'occupation, se fait de moins en moins tolérant envers les situations laissées sans réponse.

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