La suspension de la réforme des retraites entre officiellement en vigueur le 1er septembre 2026. Pour les personnes nées en 1964, l'âge légal de départ recule à 62 ans et 9 mois au lieu de 63 ans, et le nombre de trimestres requis pour le taux plein passe de 171 à 170. Une revalorisation des pensions de 0,9 % est, elle, déjà effective depuis le 1er janvier 2026.
La mise en pause de la réforme des retraites est désormais actée. Des millions de Français proches de la retraite vont voir leurs droits recalculés, leurs conditions de départ modifiées et, pour certains, leurs pensions revalorisées dès ce début d'année. Les changements sont concrets, les dates sont fixées.
Mais derrière l'annonce générale se cachent des mécanismes précis qui varient selon le profil de chaque assuré. Générations concernées, carrières longues, mères de famille, fonctionnaires : les effets ne sont pas uniformes. Voici ce que la suspension change, pour qui, et à partir de quand.
La suspension de la réforme des retraites prend effet le 1er septembre 2026
La date est confirmée : c'est le 1er septembre 2026 que la suspension de la réforme des retraites produit ses effets juridiques. Concrètement, les dispositions introduites par la réforme contestée, notamment le relèvement progressif de l'âge légal de départ, sont mises en pause à compter de cette échéance.
Pour les personnes nées en 1964, la cohorte la plus directement touchée par cette bascule, le changement est immédiatement chiffrable. L'âge légal de départ passe de 63 ans (tel que prévu par la réforme) à 62 ans et 9 mois. Le nombre de trimestres exigés pour obtenir le taux plein est ramené de 171 à 170 trimestres. Trois mois et un trimestre de cotisation supprimés : pour des salariés en fin de carrière, ce type d'ajustement peut peser lourd sur la date effective de départ.
Les carrières longues également concernées
La suspension intègre aussi un ajustement sur les départs anticipés pour carrières longues. Un décalage de trois mois s'applique à ces dispositifs. Les assurés ayant commencé à travailler tôt, et qui comptaient sur un départ avant l'âge légal, doivent donc recalculer leur trajectoire en tenant compte de ce nouveau paramètre.
Pour les fonctionnaires et agents publics, ainsi que pour les catégories relevant de régimes spéciaux, la suspension s'accompagne d'un processus d'alignement progressif avec le régime général. Les effets sont différenciés selon le statut, ce qui explique les nombreuses interrogations qui circulent parmi les assurés de ces catégories.
La revalorisation des pensions de 0,9 % est déjà en vigueur
Indépendamment de la suspension, une mesure distincte est déjà entrée en application : la revalorisation des pensions de base à hauteur de 0,9 %, effective depuis le 1er janvier 2026. Cette hausse vise à limiter l'impact de l'inflation sur le pouvoir d'achat des retraités actuels.
La revalorisation de 0,9 % des pensions de base est entrée en vigueur le 1er janvier 2026. Elle apparaît pour la première fois sur les relevés de paiement du 9 février 2026.
Résultat : les retraités actuels ont pu constater cette augmentation sur leur relevé de paiement à compter du 9 février 2026. La hausse reste modeste, mais elle s'applique à l'ensemble des pensions de base du régime général. Pour les ménages de retraités dont les ressources sont limitées, cette revalorisation peut représenter un complément non négligeable sur l'année. Certains d'entre eux envisagent d'ailleurs de s'installer à l'étranger pour améliorer leur niveau de vie, une tendance qui interroge sur l'adéquation des pensions françaises au coût de la vie.
Des avancées spécifiques pour le calcul de la pension des mères
La suspension de la réforme introduit une modification notable dans le calcul du revenu annuel moyen, base de calcul de la pension. Jusqu'à présent, ce calcul reposait sur les 25 meilleures années de carrière. Désormais, la base est ramenée à 24 meilleures années dans le cas général, et à 23 meilleures années pour les assurées ayant élevé au moins deux enfants.
Deux trimestres pour enfant reconnus comme cotisés
L'autre avancée concerne la nature des trimestres pour enfant. Ces trimestres, jusqu'ici comptabilisés différemment, sont désormais reconnus comme trimestres cotisés. Ce changement de statut a une conséquence directe : il facilite l'accès au taux plein et peut ouvrir le droit à un départ anticipé pour les mères dont la carrière a été marquée par des interruptions ou des périodes à temps partiel.
de meilleures années retenues pour le calcul de la pension des mères de deux enfants ou plus
Ces dispositions répondent à une réalité bien documentée : les carrières féminines sont plus souvent fragmentées, et les anciennes règles de calcul pénalisaient mécaniquement les assurées ayant réduit ou interrompu leur activité pour élever leurs enfants. La réforme de la base de calcul atténue cet effet, sans le supprimer totalement.
Ce que les assurés doivent faire avant le 1er septembre 2026
La suspension de la réforme des retraites génère des droits nouveaux, mais ces droits ne s'appliquent pas automatiquement sans que les dossiers individuels soient en ordre. Le risque d'erreur sur le relevé de carrière est réel, et une anomalie non corrigée peut entraîner un retard de départ ou une réduction du montant de la pension.
Plusieurs actions concrètes permettent d'anticiper ces risques :
- Consulter régulièrement son dossier personnel et vérifier attentivement son relevé de carrière
- Corriger ou actualiser ce relevé via les plateformes officielles si des périodes manquent ou sont mal renseignées
- Utiliser les simulateurs de retraite mis à jour pour recalculer sa situation à la lumière des nouvelles règles
- Participer aux webinaires d'information gratuits organisés par des experts et conseillers spécialisés
- Consulter les guides pratiques publiés régulièrement et activer les alertes personnalisées sur les plateformes d'information
Ces webinaires couvrent notamment le calcul de pension, la validation des trimestres et les démarches administratives. Des ateliers en ligne sont également disponibles pour accompagner les assurés dans leurs démarches.
Une erreur non corrigée sur le relevé de carrière peut retarder le départ à la retraite ou réduire le montant de la pension, même après l’entrée en vigueur de la suspension. La vérification du dossier doit intervenir bien avant septembre 2026.
Par ailleurs, les assurés qui anticipent une fin de carrière prochaine ont tout intérêt à s'informer sur d'autres aspects de leur situation patrimoniale. La question du minimum vieillesse en 2026 ou celle de la pension de réversion font partie des paramètres à intégrer dans une vision globale de ses droits à la retraite. Et pour les assurés qui envisagent également de transmettre un patrimoine immobilier, connaître l'âge optimal pour un transfert de bien à ses enfants peut permettre d'optimiser la transmission tout en limitant les frais de succession. La période qui précède la retraite est souvent celle où ces décisions prennent le plus de sens.





