« Ils ont mis le compteur EDF à leur nom » : Ils squattent la maison de retraités pendant les travaux et la mettent en location

« Ils ont mis le compteur EDF à leur nom » : Ils squattent la maison de retraités pendant les travaux et la mettent en location

Alain et Martine Guérini, retraités propriétaires d'une maison à Villeparisis, en Seine-et-Marne, ont découvert leur domicile squatté pendant les travaux. Les occupants illégaux avaient changé les serrures, transféré le compteur EDF à leur nom et mis une partie de la maison en location. Il a fallu deux mois pour obtenir leur expulsion.

Partir quelques semaines pour laisser sa maison aux mains des artisans. Une décision banale, un réflexe de propriétaire qui veut éviter les nuisances du chantier. Pour Alain et Martine Guérini, ce choix ordinaire a viré au cauchemar. Leur maison de Villeparisis, laissée temporairement vide pendant des travaux, a été investie par des squatteurs qui ont rapidement transformé les lieux en quelque chose de bien plus organisé qu'une simple occupation illégale.

Ce cas illustre une réalité que les affaires de squat en France documentent de plus en plus souvent : des occupants sans droit ni titre qui s'installent méthodiquement, revendiquent une forme de légitimité et rendent l'expulsion aussi longue que douloureuse.

Les squatteurs s'organisent : serrures changées, compteur EDF transféré

Quand le couple Guérini prend conscience de la situation, l'intrusion est déjà consommée. Les squatteurs ont changé les serrures, rendant les propriétaires légitimes physiquement incapables d'entrer chez eux. Mais l'audace des occupants ne s'arrête pas là.

Un transfert de compteur qui donne l'illusion d'une domiciliation légale

Le compteur EDF a été transféré au nom des squatteurs. Ce détail, en apparence technique, est en réalité central : il leur permettait d'établir une preuve de domicile, de crédibiliser leur présence et de compliquer les démarches des propriétaires. Concrètement, un transfert de compteur crée une trace administrative qui brouille les cartes et allonge les procédures.

Une mise en location illégale dans un logement inhabitable

Plus grave encore : une partie de la maison a été mise en location par ces mêmes occupants illégaux. Des tiers ont donc payé pour résider dans un bien qui ne leur appartenait pas, dans un logement en état de chantier, donc potentiellement dangereux. Les squatteurs, dont certains étaient sous l'emprise de stupéfiants, avaient transformé la propriété des Guérini en source de revenus. L'un d'eux est par ailleurs suspecté de vol, une infraction qui expose son auteur à 3 ans de prison et 45 000 euros d'amende.

⚠️

Attention
Transférer un compteur EDF au nom d’un tiers sans autorisation du propriétaire constitue une fraude. Si vous êtes propriétaire et suspectez une telle manœuvre, contactez directement votre fournisseur d’énergie pour vérifier le statut du contrat.

Deux mois de procédures avant l'expulsion forcée

Face à l'occupation illégale de leur domicile, Alain et Martine Guérini ont engagé les démarches légales disponibles. Plusieurs plaintes ont été déposées. Une mise en demeure a été lancée. Sans effet. Les squatteurs sont restés.

Ce n'est qu'au bout de deux mois après la découverte de l'occupation qu'une expulsion forcée a finalement pu être réalisée. L'intervention a mobilisé conjointement la police, des gendarmes et un commissaire de justice, signe que la situation nécessitait une coordination exceptionnelle pour être résolue.

2 mois
entre la découverte du squat et l’expulsion effective des occupants illégaux

Deux mois pendant lesquels un couple de retraités a été privé de son domicile. Deux mois à cumuler les démarches administratives, les convocations, les délais de procédure, tout en supportant le poids psychologique d'une situation sur laquelle ils n'avaient aucune prise directe. Ce type de cas n'est pas sans rappeler l'histoire de ce couple de seniors expulsé de chez eux par leur propre fille adoptive, où la lenteur judiciaire a également été au cœur du drame.

Un traumatisme qui dépasse la seule dimension matérielle

L'expulsion obtenue, les Guérini ont pu récupérer leur maison. Mais la résolution juridique d'un squat ne règle pas tout. Le couple décrit un traumatisme psychologique persistant, une sensation de violation de l'espace privé qui ne disparaît pas avec le départ des occupants. Leur domicile, lieu censé incarner la sécurité et l'intimité, a été transformé en territoire étranger pendant des semaines.

La charge mentale accumulée pendant ces deux mois, les démarches répétées, les plaintes sans réponse immédiate, la mise en demeure ignorée, tout cela laisse des traces. Le sentiment d'insécurité, lui, ne s'efface pas au moment où le commissaire de justice tourne la clé dans la serrure.

Cette affaire pose aussi une question plus large sur la protection concrète des droits des propriétaires en France. Quand des squatteurs parviennent à transférer un compteur EDF, à changer des serrures et à sous-louer illégalement un bien pendant deux mois sans être inquiétés dans l'immédiat, c'est bien la solidité du cadre légal qui est interrogée. La loi anti-squat a pourtant montré qu'elle pouvait agir en dix jours dans certains cas, notamment lorsque la victime est elle-même magistrate. Pour les Guérini, il a fallu deux mois.

À retenir
Si vous laissez votre logement inoccupé temporairement, même pour des travaux, vérifiez régulièrement l’état des lieux, informez un voisin de confiance et signalez toute occupation suspecte aux autorités sans attendre. La rapidité de la réaction conditionne souvent la durée de la procédure.

Résultat : une affaire qui cristallise les tensions autour de la protection du domicile en France, et qui rappelle que les propriétaires, même légitimes, même victimes, restent souvent démunis face à des occupants qui connaissent les failles du système. Pour les couples de retraités qui quittent temporairement leur maison, l'affaire des Guérini à Villeparisis restera longtemps comme un avertissement difficile à ignorer. Les astuces pour protéger son domicile contre les intrusions ne semblent jamais superflues, même quand le danger vient non pas d'un cambrioleur furtif, mais d'occupants qui, eux, s'installent pour durer.

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