La Banque centrale européenne a officiellement lancé le processus de refonte des billets en euros. Les coupures de 5, 10, 20 et 50 euros vont changer de visage, avec un concours international de graphisme prévu dès 2025 et une consultation citoyenne ouverte à tous les résidents de la zone euro. Les nouveaux billets s'inspireront de thèmes culturels et naturels communs à l'Europe.
Les billets en euros que les Français utilisent quotidiennement depuis 2002 ont les jours comptés, du moins dans leur forme actuelle. La BCE (Banque centrale européenne) a officialisé la refonte complète du design des coupures de petite et moyenne valeur. Après plus de vingt ans de circulation et deux séries successives, c'est un tournant historique pour la monnaie commune.
Et ce changement ne se limite pas à un simple rafraîchissement graphique. C'est une réinvention en profondeur, portée par une ambition culturelle assumée et des impératifs techniques liés à la lutte contre la contrefaçon. Concrètement, les papiers, les encres et les technologies de sécurité seront entièrement repensés pour renforcer la résistance des billets à la falsification.
Les nouveaux billets en euros : deux thèmes retenus pour le futur design
La BCE n'a pas laissé le choix du design au hasard. Après une phase de sélection, deux thèmes ont été retenus pour orienter le futur visuel des billets :
- "La culture européenne : un héritage commun", qui ouvrirait la voie à des représentations de personnalités marquantes de l'histoire du continent
- "Fleuves et oiseaux : force et diversité", qui mettrait en avant le patrimoine naturel européen
Des personnalités européennes comme Marie Curie ou Beethoven
Le premier thème est particulièrement ambitieux. Des figures comme Marie Curie, Ludwig van Beethoven, Léonard de Vinci ou Maria Callas sont citées parmi les personnalités susceptibles d'apparaître sur les futurs billets. Ces noms incarnent la diversité des apports européens à la science, à la musique, aux arts et à la pensée. Placer leurs portraits sur les coupures transformerait les billets en véritables ambassadeurs de l'identité européenne, bien au-delà de leur simple fonction monétaire.
Des motifs naturels pour les nouvelles coupures en euros
Le second thème mise sur une approche différente, plus universelle et moins susceptible de susciter des débats sur le choix des personnalités représentées. Des fleuves emblématiques comme le Danube ou la Loire pourraient figurer sur les billets, accompagnés de motifs ornithologiques. Ce choix valorise la richesse des paysages européens tout en évitant les écueils politiques liés à la sélection de figures historiques. Les billets deviendraient ainsi des "vitrines culturelles et naturelles" de la zone euro.
Les deux thèmes retenus ne sont pas exclusifs l’un de l’autre. Le concours international de graphisme prévu en 2025 permettra de voir comment les designers s’emparent de ces orientations pour proposer des visuels concrets.
Un concours de graphisme et une consultation citoyenne dès 2025
Le calendrier est désormais précis. Dès 2025, la BCE lancera un concours international de graphisme ouvert à des créateurs du monde entier. L'objectif : trouver les visuels qui incarneront le mieux les thèmes sélectionnés, tout en respectant les contraintes techniques liées à la production de billets de banque sécurisés.
Mais le processus ne se résume pas à un exercice d'experts. Une consultation citoyenne est prévue pour associer les résidents de la zone euro au choix final. Les participants pourront donner leur avis sur les motifs et les couleurs dominantes des futures coupures. C'est une démarche inédite à cette échelle pour une monnaie commune, qui vise à renforcer le lien émotionnel entre les citoyens et leurs billets. La monnaie physique reste un objet du quotidien, et la BCE semble avoir pris conscience que son design ne peut pas être décidé en chambre close.
Cette logique de participation citoyenne s'inscrit d'ailleurs dans un contexte plus large de réflexion sur l'argent liquide en Europe. Les débats sur les plafonds des paiements en espèces montrent que la question du cash reste sensible et politiquement chargée dans l'ensemble des pays membres.
Des formats et des couleurs potentiellement modifiés
Au-delà des motifs, la refonte des billets en euros pourrait aussi toucher des aspects plus pratiques. Les formats des coupures pourraient être modifiés, tout comme les couleurs utilisées pour distinguer visuellement les différentes valeurs. Aujourd'hui, un billet de 5 euros (gris) et un billet de 10 euros (rouge) se différencient principalement par leur teinte. Cette logique chromatique pourrait être repensée pour améliorer la lisibilité, notamment pour les personnes souffrant de troubles de la perception des couleurs.
Certaines banques n’autorisent pas le retrait de petites coupures, comme le billet de 10 euros. Avant de vous rendre au distributeur, renseignez-vous auprès de votre établissement bancaire pour savoir quelles coupures sont disponibles au retrait.
La question du format est également liée à des enjeux pratiques pour les commerçants et les particuliers. Des billets trop similaires en taille peuvent prêter à confusion, surtout lors de transactions rapides. Modifier les proportions permettrait de renforcer la distinction entre coupures, un avantage concret pour l'ensemble des utilisateurs.
Ce que change cette réforme pour les Français
Les billets actuels de 5, 10, 20 et 50 euros ne disparaîtront pas du jour au lendemain. Les transitions monétaires de ce type s'étalent généralement sur plusieurs années, avec une période de coexistence entre les anciennes et les nouvelles séries. Les billets en circulation restent valides jusqu'à leur retrait progressif.
Mais la portée symbolique de cette réforme dépasse la simple question du design. Depuis 2002, les Français et l'ensemble des Européens utilisent des billets qui représentent des architectures fictives, sans ancrage dans un lieu ou une identité précise. La série actuelle avait fait ce choix délibéré pour éviter de favoriser un pays membre au détriment d'un autre. Le passage à des personnalités ou à des paysages réels marque donc une rupture philosophique significative.
La monnaie physique, souvent négligée dans les discussions sur la gestion du patrimoine et de l'épargne, reste pourtant un vecteur d'identité collective. Un billet de banque est l'un des rares objets que des centaines de millions de personnes tiennent dans leurs mains chaque jour, quelle que soit leur nationalité. Le choix de ce qui y figure n'est jamais anodin.
sans refonte majeure du design des billets en euros
Et si le calendrier définitif de mise en circulation des nouveaux billets n'est pas encore arrêté, le processus est bel et bien enclenché. Le concours de graphisme de 2025 constitue la première étape concrète d'une transformation qui redéfinira l'aspect de la monnaie commune pour les décennies à venir. Les résidents de la zone euro auront leur mot à dire, une opportunité rare de peser sur un objet du quotidien qui traverse toutes les couches de la société.





